Silently

Mes e-mails arrivent en spam : par où commencer

Neuf fois sur dix, un e-mail qui part en indésirable vient d'un problème d'authentification du domaine, pas du contenu du message. Voici comment le diagnostiquer dans l'ordre.

Le contenu du message est rarement en cause

C’est le réflexe le plus répandu et la plus grande perte de temps : réécrire l’objet, retirer le mot « gratuit », enlever les majuscules. Ces filtres existent, mais ils arrivent en dernier. Avant de lire votre message, le serveur destinataire pose une question beaucoup plus simple :

Ce serveur a-t-il le droit d’envoyer pour ce domaine, et puis-je le prouver ?

S’il ne peut pas le prouver, votre message part en indésirable quel que soit son contenu. Commencez donc toujours par là.

Les quatre causes, par ordre de fréquence

1. SPF dépasse la limite de dix résolutions DNS

La cause n°1, et la plus perverse : elle n’apparaît qu’après des mois de fonctionnement normal. Chaque prestataire d’envoi ajouté à votre enregistrement SPF consomme des résolutions, et au-delà de dix, les serveurs destinataires abandonnent l’évaluation et considèrent que vous n’avez pas de SPF du tout.

Rien ne change visuellement. Les messages continuent de partir. Mais une partie d’entre eux commence à être classée en indésirable, chez certains destinataires seulement.

Comprendre et corriger SPF

2. Un nouvel outil envoie sans être déclaré

Vous avez ajouté un CRM, un outil de facturation, une plateforme d’emailing. Il envoie en votre nom depuis ses propres serveurs, qui ne figurent nulle part dans votre configuration. Pour un destinataire, c’est indiscernable d’une usurpation.

Le symptôme caractéristique : vos e-mails personnels passent, les e-mails automatiques non — ou l’inverse.

3. Deux enregistrements SPF coexistent

Deux personnes ont ajouté « leur » SPF à des moments différents. La norme impose alors d’ignorer entièrement SPF. C’est une erreur silencieuse, facile à détecter et instantanée à corriger.

4. DMARC en p=reject avec une source non alignée

Le cas le plus douloureux, parce qu’il est provoqué par une bonne intention. Vous avez durci votre politique DMARC sans avoir recensé tous vos expéditeurs légitimes, et l’un d’eux est désormais refusé. Ce n’est plus de l’indésirable : le message n’arrive pas du tout.

Comprendre DMARC

L’ordre de diagnostic

  1. Vérifiez qu’il n’y a qu’un seul enregistrement SPF et qu’il reste sous dix résolutions.
  2. Recensez tous vos expéditeurs : messagerie, CRM, facturation, formulaire du site, newsletter, imprimante multifonction. Chacun doit être autorisé.
  3. Vérifiez DKIM sur le sélecteur que votre prestataire utilise réellement. → Comprendre DKIM
  4. Publiez DMARC en p=none avec une adresse de rapport : vous saurez alors précisément qui envoie en votre nom, au lieu de le deviner.
  5. Seulement ensuite, regardez le contenu, la réputation de l’adresse IP et le volume.

Ce qui ne se voit pas depuis votre boîte

Un test classique consiste à s’envoyer un message à soi-même. Il ne prouve presque rien : votre propre serveur est indulgent avec votre domaine. Un message qui arrive parfaitement chez vous peut partir en indésirable chez tous vos clients.

La seule mesure fiable est celle que font les destinataires eux-mêmes, et c’est exactement ce que les rapports DMARC agrégés remontent : combien de messages, depuis quelles adresses, et combien ont été authentifiés.

Vérifier en quelques secondes

L’analyse ci-dessous lit votre configuration telle que la voient les serveurs destinataires : présence et validité de SPF, comptage des résolutions DNS, politique DMARC, sélecteurs DKIM connus. Gratuit, sans compte.