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Expiration d'un nom de domaine : ce qu'on récupère et ce qu'on perd

Une expiration coupe le site et la messagerie d'un seul coup. Les délais de récupération, le coût réel, et les trois réglages qui évitent d'en arriver là.

Ce qui s’arrête, et dans quel ordre

Une expiration de domaine n’est pas une panne de site. C’est une panne de tout ce qui porte votre nom :

Ce dernier point est le plus sous-estimé. Si votre compte d’hébergement, votre banque en ligne ou votre registrar utilisent une adresse @votre-domaine, vous perdez aussi les moyens de réparer.

Les délais, pour les extensions courantes

Après l’expiration, un domaine traverse plusieurs phases. Les durées varient selon l’extension, mais l’ordre est toujours le même.

PhaseDurée indicativeCe qui se passe
Suspension0 à 30 joursLe domaine ne résout plus. Renouvellement encore possible au tarif normal.
Rédemption30 à 60 joursRécupération possible, mais avec des frais de restauration souvent supérieurs à 80 €.
Suppressionquelques joursLe domaine redevient enregistrable par n’importe qui.

En .fr, l’AFNIC applique une période de rédemption de trente jours après une phase de suspension de trente jours. En .com, comptez généralement trente jours de grâce puis trente de rédemption.

Le point de non-retour n’est pas l’expiration, c’est la fin de la rédemption. Passé ce délai, un tiers peut acheter votre domaine, et vous n’avez aucun recours simple — surtout si votre marque n’est pas déposée.

Pourquoi le renouvellement automatique ne suffit pas

Il est activé presque partout, et il échoue régulièrement pour trois raisons banales :

  1. La carte bancaire a expiré. C’est de loin la première cause. Le prélèvement échoue, le registrar envoie un e-mail… à une adresse que personne ne relève.
  2. L’adresse de contact n’est plus relevée. Le domaine a été acheté par un prestataire parti depuis, ou par un salarié qui a quitté l’entreprise.
  3. Le domaine n’est pas dans le compte qu’on croit. Fréquent quand une agence a acheté le domaine pour son client sans le lui transférer.

Ces trois causes ont un point commun : l’alerte du registrar part vers quelqu’un qui ne la lira pas. C’est pour cela qu’une surveillance externe a du sens.

Les trois réglages qui protègent

Le verrou de transfert. Un domaine marqué clientTransferProhibited ne peut pas être transféré sans le déverrouiller d’abord. C’est gratuit, activable en un clic, et c’est la protection la plus efficace contre un détournement. La plupart des registrars l’activent par défaut — vérifiez-le plutôt que de le supposer.

Une adresse de contact relevée. Pas l’adresse du domaine lui-même : si celui-ci expire, vous ne recevrez pas l’avertissement. Utilisez une adresse sur un autre domaine.

Le renouvellement sur plusieurs années. Renouveler pour cinq ans coûte à peine plus cher que cinq fois un an, et supprime quatre occasions d’échouer.

Ce que nous surveillons

Silently lit la date d’expiration dans le registre lui-même, par le protocole RDAP, et alerte à soixante, trente, sept et un jour de l’échéance. Nous signalons également l’absence de verrou de transfert.

Une limite à connaître : plusieurs registres européens, dont certains pour le .fr, ne publient pas publiquement la date d’expiration. Dans ce cas nous l’indiquons clairement plutôt que d’afficher une information que nous n’avons pas.